« Gaëlle, qu'est ce que c'est que cette histoire ?
Tu veux encore rater un jour de stage pour aller voir Tokio Hotel ??? Mais fais un peu des sacrifices dans la vie ! Bon Dieu, avec ce stage c'est ton avenir qui est en jeu, alors qu'aller Tokio Hotel ce n'est qu'un caprice d'ado ! Je sais bien que tu es une ado mais je te pensais légèrement plus mature que les autres ! Ne me déçois pas !
Je me vois dans l'obligation de te dire non. Non tu n'iras pas à l'aéroport, tu as une interview à faire avec moi.
A tout à l'heure, 11h place de la République. »
Je n'allais pas voir les TH, et aucun moyen de les prévenir, David ayant appelé en numéro caché, bien sûr. Khad et Kina vont les voir, c'est déjà ça, c'est cool au moins que je sais qu'ils sont en agréable compagnie. Je me lave, tente de me noyer sous la douche, rien n'y fait. Je me sèche lentement en écoutant en boucle « Sexe » de Saez. J'enfile le premier tee shirt qui me tombe sous la main et un jean, je n'ai pas envie d'être coquette aujourd'hui. Je ne me maquille pas, si ce n'est un peu de fond de teint pour planquer mes cernes.
République n'est qu'à quelques stations de chez moi, et je m'y rends rapidement. Doriane me salut froidement. L'ambiance est tendu, et j'en suis la cause ; moi et mes caprices. Nous nous rendons au Caveau de la république, une salle où des comiques se donnent en spectacle. L'interview se passe bien, très soft, très pro, pas du tout la même ambiance que celle avec les T-H. J'ai la gorge serrée. Nous sortons et allons manger, Doriane m'ignore totalement alors je mets mon MP3 sur les oreilles. C'est alors que j'écoute « Rock'n'roll queen » de The Subways qu'elle me dit :
« Alors ?
- Alors quoi ?
- Tu fais quoi samedi ?
- Ben que veux tu que je fasse, je viens bosser avec toi !
- Je vois que tu t'es raisonnée.
- Ai-je eu le choix ?
- Oui, et tu as pris une bonne décision même si j'ai du pour cela te bousculer.
- Je sais, je peux continuer à écouter la musique ?
- Vas-y j'ai un coup de fil à passer, dit elle en se levant. »
Je remets mon écouteur sur l'oreille, « Boulevard of Broken Dreams » comme par hasard, des larmes embuent mes yeux, non je ne verrai ni Bill ni les autres. Doriane me fait signe que nous partons. Nous travaillons toute l'après-midi d'arrache pied. Mais le résultat est plus que satisfaisant. A la sortie du travail, Théo est là, ce qui fait sourire Doriane.
« Tu es venu me chercher ?
- Non, non je passais dans le coin et je me suis dis que j'allais attendre comme un con ici.
- C'est gentil, merci. »
Nous nous embrassons, mon piercing étant devenu l'objet des attentions de Théo.
« On va boire un café ?, me propose-t-il.
- D'accord, on va où ?
- On va à L'Alésia ?
- Un café gay ? D'accord ! »
Main dans la main nous rendons dans le quartier du marais. L'Alésia est blindé et Théo retrouve des amis à lui, beaucoup d'amis. La compagnie des gays est un réel don du ciel, ce sont de vrais anges.
« Ben alors Théo, fais l'un d'eux, tu as changé de camp ?
- Que voulez-vous, tout le monde change, lui répond-il.
- Euh Théo, fais-je, je ne comprends pas, tu es gay ?
- En théorie oui, mais toi tu es différente.
- Je vois.
- Ca te dérange de savoir que je suis homo, ou plutôt bi ?
- Non, je le suis moi-même.
- Encore un point en commun, dit-il en m'embrassant dans le cou. »
Je me lève et me dirige vers les toilettes, je me lave les mains et me passe de l'eau sur le visage. Soudain, je sens des mains sur ma taille, je me retourne, Théo est là, contre moi, m'embrasse, dans l'oreille il me souffle le refrain de « reden », il me pousse un peu, je m'assois sur le bord de lavabo. On s'embrasse passionnément, ses mains courent dans mon dos, les miennes sur son torse. Il déboutonne sa chemise, m'embrasse dans le cou, déboutonne son pantalon... le mien ensuite.
Pour la suite, faut des comm's...
(Suis-je méchante?)
Photo: Parce j'adore Marilyn <3


